Une filière bio... |
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Une filière bio...
« Soy, marchez tranquilles sur nos traces », tel est le début d’une page de publicité publiée dans le mensuel Biocontact en février 2000, qui se termine par « Soy, la 1ère filière certifiée de soja bio non OGM ». Sur cette même page, on peut également lire :
« Soy ouvre la voie de la traçabilité. Pour la première fois en Europe, une filière de soja biologique est certifiée non OGM. Et Soy se trouve à l’origine de la création de cette filière, il y a trois ans.
Depuis les semences de soja mises en terre jusqu’à l’entrée dans notre atelier de fabrication, sur des bases de transparence et de respect de la parole donnée, les producteurs de soja du Sud-Ouest que nous connaissions depuis près de 20 ans et nous-mêmes Soy, avons tout mis en œuvre pour qu’au fil des mois, une vraie filière non OGM se construise entre professionnels du soja bio dans notre région Midi-Pyrénées. [...]
« Notre filière de production de soja bio issu de semences non génétiquement modifiées est certifiée par ECOCERT. »
« Soy : la 1ère filière de production de soja non OGM » (selon une page de publicité publiée dans Biocontact en octobre 2004)
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1936-1950 : en octobre 1936, des agriculteurs du Béarn (Pyrénées-Atlantiques) décident de s’unir pour faciliter l’écoulement de leurs récoltes et fondent la Coopérative de Blé du Bassin de l’Adour qui deviendra dès 1951 la Coopérative Agricole de Céréales du Bassin de l’Adour.
(Source : le site d’Euralis en mars 2003)
1950-1970 : la Coopérative de Céréales du Bassin de l’Adour se spécialise dans la production de semences de maïs hybride.
(Source : le site d’Euralis en mars 2003)
1970-1985 : l’expansion de la Coopérative du Bassin de l’Adour s’accélère avec la reprise d’un important collecteur de maïs en Aquitaine.
La Coopérative devient ainsi le premier collecteur de maïs d’Europe.
Dans le même temps, la Coopérative décide d’explorer les potentialités du secteur agro-alimentaire à travers la production de maïs doux destiné à la consommation humaine. En 1975, une alliance est scellée avec la société américaine Green Giant pour créer une filiale, la Sérétram, qui produit des boîtes de maïs doux sous la marque Géant Vert.
En amont, la recherche se poursuit pour les semences de maïs en vue de produire des hybrides de qualité.
(Source : le site d’Euralis en mars 2003)
1972 : création de la société Nutrition et Santé, à Revel (Haute-Garonne)
1982 : création de la société Soy, entreprise parisienne de transformation du soja bio, par M. Bernard Storup et son associé, M. Jean de Préneuf.
(Source : « Dans le sillage d’un grand groupe : priorité à la bio », Nature & Progrès, n° 147, novembre-décembre 1995, page 17)
1985-1994 : en 1986, la Coopérative Agricole de Céréales du Bassin de l’Adour prend l’appellation “Coop de Pau”.
La Coop de Pau multiplie les acquisitions, partenariats et implantations pour accélérer son développement : alliances avec Géant Vert et Bonduelle, développement d’une activité Vigne, rachat des sociétés semencières Rustica et Prograin Génétique, etc.
Cette même Coop de Pau deviendra plus tard la coopérative fondatrice du Groupe Euralis.
Le groupe emploie alors 1300 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 3,3 milliards de francs.
(Source : le site d’Euralis en mars 2003)
1986 : la Coopérative Agricole de Céréales du Bassin de l’Adour se nomme désormais “Coop de Pau”.
1986 : « les ateliers de Soy sont transférés à Saint-Chamond (Loire) dans des locaux plus spacieux dotés d’équipements plus sophistiqués. Soy fonctionne alors avec une équipe de quinze personnes qui grandit jusqu’à quarante salariés »
(Source : « Dans le sillage d’un grand groupe : priorité à la bio », Nature & Progrès, n° 147, novembre-décembre 1995, p. 17)
1986 : pollution du Rhin par Sandoz, géant de la pharmacochimie et fabricant de pesticides, avec des tonnes d’insecticides et fongicides à base de mercure.
1986 : création de la CUMA Agri Bio du Tarn par 15 agriculteurs du groupe Nature et Progrès du Tarn.
1986-1991 : 15 agriculteurs bio sur les 30 que compte le groupe Nature et Progrès du Tarn se regroupent en 1986 dans une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) avec la volonté de créer un outil commun leur permettant de trier leur production (en particulier les lentilles) avant de la commercialiser par eux-mêmes. Le matériel de triage est installé dans un bâtiment loué près de Salvagnac et la CUMA est la CUMA Agri Bio du Tarn qui fontionnera jusqu’en 1990.
Puis, d’autres producteurs, devant la réussite de l’outil, se rallient à la CUMA, dont les effectifs croissent rapidement, et les quantités traitées dépassent vite les capacités de la structure tandis que des besoins nouveaux apparaissent : stockage et commercialisation. L’activité commerciale devient une des principales missions de la CUMA, alors qu’elle aurait dû rester annexe.
Il est donc décidé en 1991 de faire évoluer la CUMA : une coopérative – la Coopérative Agri Bio Midi-Pyrénées Aquitaine ou plus simplement Coop Agri Bio – est alors créée avec pour missions dans la zone Midi-Pyrénées et Aquitaine de collecter la production des adhérents, de la trier, de la stocker et conserver, de la commercialiser.
(Sources : le site http://www.agritarn.com/agribio/htm en mars 2003 et le n° 56 d’avril 2002 de la revue Du sol à la table, “la revue de la filière bio et de la vie saine”)
1987 : création de la confédération Biocoop, distributeur de produits biologiques.
1987-1990 : regroupement des producteurs bio du Gers au sein d’une petite coopérative qui survit jusqu’en 1989 grâce à l’ouverture du marché sur l’Allemagne.
Après 1989, les affaires deviennent plus difficiles. MM. Agut, Gröbert et Pizzighella, isolés à l’ouest du département, décident de commercialiser ensemble leurs productions et créent en 1990 une SARL nommée AGP.
(Source : article « AGP : trois céréaliers du Gers s’associent » du numéro 29 de la revue Alter-Agri de l’ITAB – Institut Technique de l’Agriculture Biologique –, mai-juin 1998)
1990 : création de la SARL AGP par trois producteurs bios du Gers qui s’associent pour stocker, transformer et vendre soja, blé et tournesol, tandis que les autres producteurs bio du Gers rejoignent leurs voisins dans la “coopérative du Tarn” (dite aussi coopérative de Salvagnac)..
Selon l’article « AGP : trois céréaliers du Gers s’associent » du numéro 29 de la revue Alter-Agri de l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique), paru en mai-juin 1998, « Le soja est stocké chez M. Pizzighella puis vendu pour les 3/4 dans le Sud-Ouest et pour 1/4 à l’étranger, soit un total avoisinant les 580 tonnes de grains (la coopérative du Tarn gère quant à elle plus de 1 000 tonnes de soja). [...] Pour ces trois productions (blé, soja, tournesol), AGP est agréé organisme collecteur. Ainsi, huit autres agriculteurs bio de la région peuvent bénéficier des structures de stockage ainsi que de la plus-value apportée par la transformation [du blé ou du tournesol]. [...] »
1991 : rachat de la société Nutrition et Santé par le groupe Sandoz.
1991-2000 : la CUMA Agri Bio du Tarn évolue : création de la Coopérative Agri Bio Midi-Pyrénées Aquitaine ou Coop Agri Bio qui compte en 1991 une centaine d’adhérents producteurs bio.
La croissance se poursuit tant au niveau du nombre d’adhérents, des quantités travaillées et du chiffre d’affaires ; en 1993, pour garantir à ses clients un approvisionnement constant et fiable en quantité et en qualité, la Coopérative investit dans un Service Technique chargé de conseiller les producteurs et de mettre en place des essais de variétés et des tests de fertilisation : l’expérimentation est menée en collaboration avec l’ICTF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages), le CETIOM (Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitains), l’INRA et le CREAB (Centre Régional d’expérimentation en agriculture biologique) ; une unité de stockage est créée à Salvagnac (Tarn) et le nombre de salariés passe à 8 en 2000 ; l’activité est centrée autour des principales productions de la zone sud-ouest : blé meunier, soja et tournesol ; la Coop Agri Bio devient ainsi un des acteurs majeurs du développement de la filière agrobiologique du sud-ouest.
En septembre 1999 naît AgriBio Union qui rassemble dans une synergie orientée bio le Groupe Coopératif Occitan, Euralis Union et la Coopérative Agri Bio Midi-Pyrénées Aquitaine de Salvagnac. Sur le plan juridique, AgriBio Union est une filiale de ces trois coopératives.
Sur le site http://www.agritarn.com/agribio/htm , on peut lire : « AgriBio Union est une union des coopératives Coop Agri Bio, Valédoc (Union du Groupe Coopératif Occitan et “coopérative de Muret”) et Pau Euralis. L’union des coopératives est fonctionnelle depuis le mois de juillet 2000. Agri Bio Union est une filiale des trois coopératives de base (Groupe Coopératif Occitan, Euralis Union, Coop Agri Bio), mais ne se substitue pas à ces dernières auprès de leurs adhérents respectifs. »
AgriBio Union a donc vu le jour dans une optique de développement de la production bio régionale et dans la perspective d’avoir le soutien de structures conventionnelles bien implantées régionalement et intéressées par le développement de la bio : les moyens mis à la disposition des adhérents se trouvent considérablement augmentés par le concours des coopératives associées (location de site de stockage, logistique de collecte, vaste groupe de producteurs potentiels, etc.) Une des ambitions d’AgriBio Union est de répondre à la demande des consommateurs en compensant le retard pris par la France par rapport aux autres pays de l’Union Européenne, d’élargir l’accès des consommateurs aux produits bio, ce qui demande de négocier avec la grande distribution : la présence de partenaires solides dans cette union doit permettre d’équilibrer le rapport de force de la négociation.
(Sources : le site http://www.agritarn.com/agribio/htm en mars 2003 et le n° 56 d’avril 2002 de la revue Du sol à la table)
Propos de M. Salvador Ferret, directeur général d’Agri Bio Union, installée à Salvagnac, rapportés dans l’édition Web du 5 juillet 2001 de La Dépêche du Midi : « À l’époque [1985], personne ne croyait à l’agriculture biologique. De nombreuses personnes se moquaient de nous. La CUMA s’est ensuite transformée en coopérative. Puis les crises qui ont secoué le milieu agricole ont suscité de l’intérêt pour la bio. En 98, le gouvernement a attribué des aides pour impulser son développement. On s’est alors dit que les grosses coopératives conventionnelles allaient alors trouver de l’intérêt à ce marché sur lequel il y avait peu de concurrence. Notre stratégie a été d’établir un partenariat avec des coopératives conventionnelles pour développer la bio ensemble. »
Sur la même page du 5 juillet 2001 du site de La Dépêche du Midi, il est noté que les clients de la coopérative Agribio Union sont des industriels qui transforment les productions céréalières, parmi lesquels figurent essentiellement des entreprises régionales : la minoterie de la Save à Grenade, “Nutrition et Soja” à Revel, etc.
Dans une lettre de Nutrition et Soja du 8 mars 2000, M. Storup indique :
« Nous avons été les premiers en France, avec l’aide d’une coopérative biologique du Tarn à produire nos propres semences biologiques. [...] Concernant les semis de soja qui seront effectués au mois 2000, pour une récolte en octobre prochain, la quasi totalité des semences utilisées auront été produites par les organismes stockeurs du sud-ouest (regroupant les agriculteurs avec qui nous travaillons) [...] »
1995-2004 : Le groupe Euralis:
7 coopératives sont associées au sein du groupe Pau-Euralis : Coop de Pau, CAD Tarbes, les Silos du Mirandais, CELPA, FIPSO, et CODIGERS.
Le siège du groupe est à Lescar, à quelques kilomètres de Pau.
Les activités du groupe s’articulent autour de 4 pôles :
• Céréales distribution, avec d’une part, Pau-Euralis, premier collecteur européen de maïs qui regroupe 25 000 agriculteurs partenaires ; d’autre part, 45 magasins affiliés au réseau Point Vert & Magasin Vert pour le marché du jardin et les produits utiles à la vie rurale et à la ferme.
• Semences : Pau-Semences et Rustica Prograin Génétique et ses filiales font du groupe Pau-Euralis un des leaders européens en semences de tournesol, maïs et colza.
Dans le domaine des biotechnologies, Pau-Euralis a privilégié une stratégie d’alliance avec le groupe français Limagrain en créant la société de recherche Biogemma.
Biogemma participe au programme de recherche européen Génoplante dans le domaine des biotechnologies : lancé en 1999, ce programme allie recherche publique et privée pour décrypter le génome végétal.
Biogemma est la première entreprise européenne de biotechnologies végétales issue du monde agricole.
• Agro-industrie : d’une part, Pau-Euralis, en partenariat avec Géant Vert et Bonduelle, produisent maïs doux, brocolis, garden peas, choux-fleurs et pommes de terre ; d’autre part, Eurocob, filiale du groupe Pau-Euralis transforme et commercialise les rafles de maïs.
• Productions animales : palmipèdes gras et production de foie gras et magrets de canards ; volailles (partenariat entre Pau-Euralis et Codigers) ; porcs (association de Pau-Euralis avec la coopérative FIPSO) ; bovins (association de Pau-Euralis et CELPA).
Avec un chiffre d’affaires de 868 millions d’euros en 2002/2003, le Groupe Euralis qui regroupe 15 000 adhérents et 3200 salariés est le 1er producteur français de foie gras ; le 1er opérateur européen sur le marché du maïs grâce à son alliance avec les coopératives Terres du Sud et Silos du Mirandais ; le 5ème semencier européen en maïs et oléagineux ; le 1er fournisseur des vignobles bordelais et bergeracois ; le 1er producteur européen de maïs doux, etc.
(Source : le site du groupe Euralis en octobre 2004 et le dossier de presse de février 2004)
1993 : Soy est intégrée dans le groupe Nutrition et Santé, filiale du groupe suisse Sandoz, géant de la chimie et des semences et fabricant de pesticides qui, le 31 décembre 1986, a pollué le Rhin avec des tonnes d'insecticides et de fongicides à base de mercure. Nutrition et Santé, société basée en Haute-Garonne, possède alors également les marques Céréal, Gerblé, Bisson, Ovomaltine, Nergisport, Isostar, Wasa, etc.
Selon MM. Bernard Storup et Jean de Préneuf, fondateurs de la société Soy, « l’entreprise s’est bien développée jusqu’en 92/93, mais nous avions alors un problème de fonds propres et de capacité de production dans le bâtiment que nous occupions, et n’avions pas les moyens de financer notre développement. [...] Il est clair que beaucoup d’orientations et de choix de la “maison-mère [Sandoz] de notre maison-mère [Nutrition et Santé] n’étaient pas les nôtres, mais cela n’était pas suffisant pour laisser tomber ce que nous avions construit. A vrai dire, cela nous a même semblé intéressant d’intégrer un grand groupe, dont la culture était à des années-lumières de la nôtre, curieux de savoir comment les choses se passaient à l’intérieur d’une grosse structure.»
(Source : propos recueillis dans le dossier « L’affaire Soy-Novartis » paru dans Biocontact en avril 1999)
1993 : naissance du Groupe Coopératif Occitan (GCO), résultat de la fusion de deux Coopératives départementales, la Coopérative Agricole Lauragaise (Aude) et la Coopérative Occitane (Tarn). Le GCO est une coopérative polyvalente qui comprend trois secteurs d’activité : productions végétales, animales et approvisionnement. Son siège est situé à Castelnaudary, dans le Lauragais (Aude). Il fait partie du groupe France Maïs Union spécialisé dans la production de semences de maïs, tournesol, céréales, potagères et fourragères.
1994 : Soy change de raison sociale et s'appelle désormais Nutrition et Soja pour s'harmoniser avec le groupe Nutrition et Santé dont elle est devenue une filiale et s'implante en août 1994 dans une usine neuve de 4000 m 2 à Revel (Haute-Garonne) à quelques centaine de mètres de l'usine Gerblé avec qui elle partage les infrastructures de Recherche-Développement et Qualité, « atout non négligeable pour une petite entreprise », selon Nature & Progrès.
Le nom Soy devient celui d'une marque de produits à base de soja (biosoy, tonyu, soycisse, tofu, tofumé, croc'tofu, tofinelle, croustisoy, grinioc, etc.) et Nutrition et Soja compte désormais cinquante salariés.
(Source : « Dans le sillage d’un grand groupe : priorité à la bio », Nature & Progrès, n° 147, novembre-décembre 1995, p. 17)
« A Revel, on était plus près géographiquement des producteurs de soja bio, [...] La garantie d’une autonomie de fonctionnement et d’indépendance dans nos approvisionnements nous a amenés à céder la totalité du capital », raconte Bernard Storup, Directeur opérationnel du Site de Nutrition et Soja.
(Source : propos rapportés dans l’article « Soy, Biocoop et les OGM », paru dans le numéro 24 de septembre 2004 de Consom’action, revue publiée par le réseau Biocoop)
Novembre-décembre 1995 : parution du numéro 147 de Nature & Progrès qui consacre un dossier au « Soja et tofu : des exotiques à apprivoiser », dont le dernier article a pour titre : « Dans le sillage d’un grand groupe : priorité à la bio ».
Dans cet article, il est fait l’éloge de l’entreprise Nutrition et Soja, nouvelle raison sociale de Soy, mais dont la marque Soy continue à désigner l’entreprise pour le grand public : « C’est une aventure passionnante que celle des deux fondateurs de Soy, Bernard Storup et Jean de préneuf, écologistes et “biologistes” convaincus. Il leur a fallu négocier chacune des étapes qui les a conduits de la micro-entreprise purement artisanale que fut Soy au stade semi-industriel qu’a atteint aujourd’hui Nutrition et Soja. »
Dans l’encadré du texte de Nature & Progrès où est relaté l’historique de la maison Soy, il est indiqué qu’en 1993 « Soy est intégré au groupe Nutrition et Santé qui désire élargir son secteur agro-alimentaire (1)» Le renvoi (1) de cette phrase se fait vers une note en petits caractères : « Nutrition et Santé est une filiale du groupe suisse Sandoz [...] », sans préciser qui est Sandoz.
On apprend aussi dans ce même numéro de Nature & Progrès que « Soy développe une politique active de partenariat avec les agrobiologistes locaux et notamment avec la Coopérative Bio Midi-Pyrénées-Aquitaine toute proche » et que « depuis dix ans, Soy est titulaire de la mention Nature et Progrès, le contrôle officiel CEE ainsi que le contrôle de la marque N. et P. étant effectués par Ecocert. »
Autre information toujours dans ce même numéro de Nature & Progrès : « Au niveau national, la maison s’est associée avec quatre autres industriels agro-alimentaires français spécialisés dans les produits à base de soja pour former l’association Sojaxa. Celle-ci, grâce à la réunion de différentes compétences en matière de transformation, permet de promouvoir, développer, faire connaître le soja et ses produits dérivés. »
Dans un autre numéro de Nature & Progrès, le numéro 20 publié en novembre-décembre 1999, Mme Arlette Harrouch écrit dans un texte intitulé « L’agriculture biologique passionne et décidément beaucoup » :
« [...] Le souci de notre association est un souci de cohérence ; l’adhésion d’un professionnel à notre association doit se coupler d’une motivation autre que spéculative. Nous nous soucions vivement de l’entrisme possible de multinationales au sein de notre organisme ; cet entrisme est parfois délicat à détecter avec les sociétés à tiroirs. Nous pouvons être confrontés à la vente d’un domaine ou d’une entreprise, comme ce fut le cas de Soy. [...] »
1995 : création de l’association Soja dont le nom exact est “Association Régionale Interprofessionnelle pour l’Amélioration de la Production et pour la Valorisation Alimentaire du Soja”.
Elle regroupe des producteurs de soja des départements voisins à travers leurs organismes collecteurs, l’École de Purpan, Nutrition & Soja et JPS Lait.
Les quatre organismes stockeurs sont A.G.P., la Coopérative Agri-Bio Midi-Pyrénées, la SARL d’Espinaouët et le Groupe Coopératif Occitan.
(Source : feuilles de « renseignements donnés par l’association Soja », annexées à un courrier de la SARL JPS Lait (produits Biochamps), daté du 14 avril 2000)
Octobre 1996 : le réseau Biocoop (environ 180 biocoops), qui vend les produits Soy, choisit de donner son agrément à la maison Soy (Nutrition et Soja).
Patrick Colin, responsable du service Produits Biocoop et animateur des Commissions Référencement et Agrément, explique dans un texte publié en juin 1998 dans Scarab’Infos, revue publiée par la biocoop Scarabée de Rennes :
« Pourquoi tant de compromission avec de grosses entreprises de l’agro-alimentaire ?
Le cas de “Nutrition et Soja” (fabricant de la marque Soy) et appartenant à Sandoz (Novartis aujourd’hui) est typique de la “non-simplicité” des filières de production même en bio. Le choix de l’agrément de Soy par Biocoop s’est fait sur la base de l’exceptionnelle collaboration existant entre cette entreprise et la Coopérative de producteurs bio de Midi Pyrénées (totalité des approvisionnements en soja sur la France, contrats de production, prix maintenus, programme de recherche sur la qualité des graines, mise en place d’un protocole de traçabilité des produits et excellente relation avec Bernard Storup le gérant de l’entreprise). C’est donc son rôle positif dans la filière et la relative autonomie de son gérant au sein du groupe qui a poussé les 30 délégués Biocoop à prendre la décision d’agréer cette entreprise. Nous nous retrouvons donc dans la situation où une entreprise appartenant au groupe leader en France sur les OGM collabore avec la filière Bio sur la mise en place d’un protocole de traçabilité afin de garantir valablement l’absence d’OGM. Le choix de Biocoop n’était pas simple mais il n’était peut-être pas le plus mauvais. »
Janvier 1997 : fusion de Sandoz avec Ciba-Geigi, autre multinationale suisse de la chimie et des semences, pour donner la transnationale pharmaco-agrochimique planétaire Novartis, fabricant de semences transgéniques, dont celles du maïs transgénique « antipyrale ».
Paroles de M. Storup, rapportées dans le n° 24 de Consom’action, magazine du réseau Biocoop, en septembre 2004 :
« Et nous nous sommes retrouvés de façon indirecte dans le groupe Novartis ! C’est vrai que ça faisait mauvais effet, commente le fondateur de Soy. Nous dès le départ, nous nous étions positionnés contre les OGM, notamment en mettant en place la première filière de production de soja non OGM en Europe, en collaboration avec les agriculteurs bio avec qui nous travaillions... »
Autres propos de M. Storup, rapportés dans Biocontact d’avril 1999 :
« Je rappelle que Novartis n’a pas racheté Soy dans un but stratégique particulier, mais l’a trouvé dans la corbeille de mariage de Nutrition et Santé. En ce qui concerne le marché bio français c’est un peu surestimer la place que peut y avoir Soy, [...] Novartis est, à ma connaissance, très largement majoritaire dans Nutrition et Santé, et Nutrition et Santé possède 100 % du capital de Nutrition et Soja. Quant à notre marge, il faut aussi rappeler que nous sommes les seuls dans ce groupe à travailler dans le métier du frais, et les seuls à travailler dans le secteur des magasins diététiques. Cette spécificité de métier et de marché justifie notre autonomie de fonctionnement et de choix commerciaux. »
Sur les sites de l’Ardiac (Association de Recherche pour le Développement de l’Industrie, de l’Artisanat et du Commerce) et d’Acrimed (Action-Critique-médias), on peut lire en octobre 2004 que M. Alain Chatillon, le PDG de Nutrition et Santé SA est aussi PDG de Nutrition et Soja SA, ainsi que maire de Revel, administrateur de La Dépêche du Midi et Conseiller régional Divers Droite Midi-Pyrénées (Haute-Garonne).
Début 1997 : création de la société de recherche en biotechnologies végétales, Biogemma, par les groupes semenciers Limagrain et Pau-Euralis et les sociétés financières Unigrains et Sofiproteol.
Le 1er octobre 2001, la société semencière privée RAGT Génétique S.A., filiale de RAGT, deviendra également actionnaire de Biogemma.
Février-mars 1997 : le réseau Biocoop décide de “boycotter” les produits biologiques à base de soja de la marque Provamel, fabriqués par la société Belge Alpro et distribués en France exclusivement par leur concurrent, le groupe Distriborg.
Voici la raison donnée par Biocoop à ses consom’acteurs :
« Le droit de choisir leurs fournisseurs et de connaître le terroir d’origine des produits qu’ils consomment est une exigence légitime des consommateurs. Aujourd’hui, cette exigence est refusée à Biocoop par un groupe international qui abuse de sa position dominante pour faire obstruction à l’approvisionnement direct auprès du fabricant belge de produits à base de soja de la marque Provamel.
Biocoop était en mesure d’obtenir du fabricant l’emploi de soja biologique français (sud-ouest), en remplacement du soja américain qui compose actuellement les produits Provamel. Face aux seuls critères de rentabilité immédiate et de profit, Biocoop a décidé, pour la première fois de son histoire, une opération de retrait de produits. »
(Source : « l’information consom’acteur » de la revue Scarab’infos publiée en mars 1997 par la biocoop Scarabée de Rennes)
Et voici la position de Distriborg :
Le 25 février 1997, le Président fondateur de Distriborg, M. Pelen, envoie un courrier à ses clients biocoops où l’on peut lire :
« Après des années d’une collaboration particulièrement efficace, je regrette qu’un différend soit actuellement monté en épingle entre le Groupe Distriborg et le réseau des Biocoop. [...]
Je ne peux cependant pas laisser passer ce qui a été indiqué dans un tract aux consommateurs, sans apporter un certain nombre de précisions.
1) Distriborg n’est en aucun cas un grand Groupe international qui abuse d’une position dominante.
J’ai créé personnellement ce Groupe, à une époque où personne ne croyait au développement des produits naturels et biologiques. Cela fait 27 ans que mes collaborateurs et moi-même y travaillons. Le Groupe Distriborg reste à capitaux majoritairement familiaux. Je continue à le diriger dans le même esprit que depuis le début.
2) La marque Provamel est diffusée en exclusivité en France par le Groupe Distriborg. Pourquoi ?
Il faut rappeler qu’il y a 15 ans, le lait de soja était un produit confidentiel, et la marque Provamel encore plus.
C’est le Groupe Distriborg qui, à force de travail et de patience, a fait connaître le lait de soja en France, en particulier la marque Provamel, et qui a permis de mettre en place pour le marché français, et pour lui seul au départ, un certain nombre de produits 100 % biologiques.
C’est le Groupe Distriborg qui, en liaison avec le fournisseur belge, assure toute la communication qui fait que ce produit est de plus en plus connu.
Il est normal et nécessaire que les nombreux investissements réalisés par Distriborg pour participer à la mise au point des produits, à la définition des emballages, à la communication et la publicité, lui reviennent par la réalisation du chiffre d’affaires :
• Vouloir profiter des efforts faits, sans avoir eu à y participer, c’est ce que l’on appelle parfois la politique du “coucou”.
• Vouloir empêcher le consommateur d’acheter ces produits dans certains points de vente alors que qualité et garanties sont incontestables, c’est céder à une mauvaise querelle. [...] »
Le 28 mars 1997, M. Pelen adresse une lettre à l’attention de Messieurs Jouin et Colin, responsables du réseau Biocoop, où il écrit :
« J’ai en main les informations que vous avez fait parvenir à vos adhérents à la suite de mon récent courrier. [...]
[Concernant] l’approvisionnement de certains adhérents en lait de soja :
Vous me permettrez de m’amuser profondément que certains de vos adhérents aient reporté leurs achats de lait de soja sur la marque Soy.
Puis-je signaler à votre attention que cette marque appartient au groupe Novartis, issu de la fusion des groupes Ciba Geigy et Sandoz ? Sauf erreur de ma part, ce groupe fait partie du peloton de tête des grandes sociétés chimiques et pharmaceutiques au niveau mondial et est le champion des semences transgéniques. Vivent les P.M.E. !! [...] »
Novembre 1997 : la société gersoise AGP alerte M. de Kochko, agriculteur biologique du Tarn-et-Garonne, pour lui annoncer que des traces d’OGM ont été retrouvées dans le soja bio récolté sur son exploitation. Pour la DGCCRF, la responsabilité en reviendrait au semencier Asgrow (filiale de Monsanto) qui lui fournissait les semences de soja.
Ce soja avait été produit et récolté en 1996 sur l’exploitation de M. de Kochko, puis vendu à AGP, organisme stockeur du Gers, qui en a revendu une partie à un client allemand transformateur (fabrication de tofu) dans la Brême. A la suite d’un contrôle des services allemands anti-fraude à la fin de 1997, il s’est avéré que le soja était pollué par des traces d’OGM.
Janvier-février 1998 : dans le n° 1 de Consom’action, magazine de Biocoop, diffusé en janvier-février 1998, figure — parmi d’autres textes regroupés sous le titre « Plantes transgéniques : des experts dénoncent... » — l’article « Privilégier le local pour mieux le contrôler », dans lequel Patrick Colin, responsable du service Produits Biocoop, indique que les biocoops « jouent la carte de transparence » et cite un peu plus loin l’entreprise Soy, fournisseur agréé Biocoop, qui, écrit-il, a été « rachetée par le groupe Sandoz (un cas de conscience pour Biocoop !) », sans faire mention de Novartis.
Quant aux autres experts interviewés par Pascale Solana dans ce numéro 1, ils ont pour nom : Jean-Marie Pelt, Étienne Vernet (Chargé de mission pour l’association ECOROPA), Henri Darmency (Directeur de recherche à l’INRA de Dijon), Benoît Canis (président de la FNAB, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique), Gilles-Éric Séralini (professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen), Corinne Lepage (Ancien ministre de l’environnement, avocate spécialisée dans le droit de l’environnement).
À la page 9, M. Lylian Le Goff incite le consommateur à « promouvoir par ses achats une agriculture authentiquement écologique » :
« [...] Et bien soit : consommons, mais de telle sorte que l’économie se mette enfin au service de l’individu. La fourchette d’un consommateur avisé et responsable peut devenir un levier économique efficace et son assiette un bulletin de vote quotidien au service de l’éthique. Un tel consommateur devient un partenaire influent dans le concert économique [...] : il devient un “consom’acteur”. »
Enfin la page 14 est une publicité consacrée au « spécialiste du tofu », Nutrition et Soja (Soy), tandis qu’à la page 13, Benoît Canis de la FNAB indique : « Les agriculteurs bio sont en colère ! Le feu vert pour le maïs bt [antipyrale] représente une grave menace pour le développement de l’agriculture biologique [...].»
17 mars 1998 : sur la fiche Fournisseur pour “Nutrition et Soja” (Soy) du Service Produits Biocoop - Agr06, il est noté que Nutrition et Soja appartient au groupe Nutrition et Santé, filiale du groupe Sandoz. Le nom de Novartis n’y figure pas.
1998 : mise en place par Nutrition et Santé d’une filière d’approvisionnement régionale en semences de soja certifiées non génétiquement modifiées, sous le contrôle d’Ecocert. (Source : fiche Fournisseur Nutrition et Soja [Soy] du 17 mars 1998 du Service Produits Biocoop)
Mai-juin 1998 : parution de l’article « “Nutrition et Soja” : le credo du soja bio » dans le numéro 29 de la revue Alter-Agri de l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique).
Dans cet article, Anne-Claire Idoux se explique comment fonctionne l’entreprise, sans indiquer son appartenance à Novartis.
On y apprend notamment que Nutrition et Soja a pour ligne de conduite de « valoriser exclusivement le soja bio [du sud-ouest de la France] (Haute-Garonne, Tarn, Gers) malgré son prix plus élevé que le soja américain et de ne pas utiliser de soja génétiquement modifié. Pour cela, “Nutrition et Soja” a créé une association avec l’aide de la région regroupant l’entreprise et les agriculteurs biologiques qui la fournissent. Un technicien y travaille à temps plein pour le développement de la filière soja biologique. »
Un peu plus loin, l’auteur de cet article note qu’Ecocert assure le contrôle des semences certifiées non génétiquement modifiées et qu’une « filière d’approvisionnement en semences bio sera mise en place dès cette année (aucune filière n’existant en Europe pour l’instant), ainsi qu’un système de traçabilité totale des lots de soja, du champ jusqu’aux ateliers.
L’entreprise Nutrition et Soja travaille depuis le départ avec AGP et la coopérative Agribio Midi-Pyrénées de Salvagnac (son principal fournisseur), c’est-à-dire avec des organismes collecteurs (et non pas directement avec les producteurs). »
Le texte se termine par un paragraphe intitulé « Mangez “Soy” » où l’on peut lire qu’en tout « une cinquantaine de personnes travaillent à “Nutrition et Soja” » et dans les dernières lignes que « “Nutrition et Soja” se porte donc bien. ».
Sur la même page, et juste au-dessous, dans un encart intitulé « Justice équitable pour tous... », il est question de la condamnation des trois militants de la Confédération Paysanne (dont René Riesel et José Bové) qui avaient dénaturé des stocks de maïs transgéniques de la société Novartis début janvier à Nérac dans le Lot-et-Garonne.
11 juin 1998 : extrait du discours de M. de Benoist, président de l’AGPB (Association Générale des Producteurs de Blé et autres céréales), prononcé à Angers lors du 74ème congrès de l’AGPB :
« [...] Hier après-midi, l’un de nos ateliers de ce Congrès était consacré à la segmentation des marchés céréaliers. L’expression peut paraître paradoxale, tant la production de céréales semble appartenir, et à juste titre, au genre des productions de masse. Il n’empêche. On voit progresser les opérations de filière fondées sur une commercialisation différenciée de produits présentant des qualités spécifiques. Et cette spécificité est garantie à l’utilisateur industriel ou au consommateur final par des procédures diverses : contractualisation, traçabilité, certification, voire labellisation. Actuellement, l’AGPB apporte par exemple son concours aux démarches des producteurs de blé de qualité du Sud-Est, d’Ile de France et de Limagne. [...] Au travers de l’Institut Technique des Céréales et des Fourrages et via Unigrains, nous accompagnons par ailleurs techniquement et financièrement la démarche de la Coopérative d’Agriculture Biologique Midi-Pyrénées Aquitaine, spécialisée en céréales, oléoprotéagineux et légumineuses biologiques. Leader dans son secteur, elle s’efforce de promouvoir une production significative de blé biologique dans sa région et de la commercialiser dans les meilleures conditions, tant pour les transformateurs que pour les agriculteurs. [...]
La segmentation des marchés passe aussi certainement par l’essor des biotechnologies. Celles-ci devraient permettre la création de multiples variétés aptes à répondre aux besoins spécifiques de multiples industries. Nous regardons les choses de près, aux côtés de Limagrain, de la Coop de Pau et de Sofiprotéol dans Biogemma. [...] » (Source : site Internet de l’AGPB en novembre 2004)
Pour rappel : c’est au début de 1997 que fut créée la société de recherche en biotechnologies végétales, Biogemma, par les groupes semenciers Limagrain et Pau-Euralis et les sociétés financières Unigrains et Sofiproteol.
Octobre 1998 : le Conseil Confédéral de Biocoop renouvelle son agrément à Soy.
(Source : « L’affaire Soy-Novartis », Biocontact, avril 1999)
« [...] le cas Soy a été réétudié à notre conseil fédéral en octobre 1998 et la majorité des délégués régionaux ont voté pour la poursuite de l’agrément. »
(Source : propos d’Hugues Toussaint rapportés dans l’article « Bio-mensonges ou bio-désinformation » publié dans Nature & Progrès en mai-juin 1999)
Dans le compte rendu du Conseil Confédéral de Biocoop des 22-23 octobre 1998, concernant l’Agrément Soy, on peut lire que « malgré l’appartenance actuelle de l’entreprise au groupe Novartis, il est souhaitable de maintenir l’agrément Soy. A la question “estimez-vous que Biocoop doit “désagréer” Soy, les délégués votent ainsi : 1 pour, 8 abstentions, 7 contre. »
On y note aussi cette phrase : « Pour sa part, la FNAB [Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique], sans vouloir intervenir directement, nous rappelle qu’il est important de soutenir toute initiative qui va dans le sens de la traçabilité, la seule plausible vis-à-vis des OGM. »
23 février 1999 : l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique (CIRAD), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, ex Orstom), Biogemma (Limagrain, Pau-Euralis, Sofiprotéol et Unigrains), Rhône-Poulenc Santé Animale et Végétale (RP-SAV), Bioplante (Établissements Desprez et Serasem) ont signé en présence de Claude Allègre, alors Ministre de l’Éducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie la convention constitutive du Groupement d’Intérêt Scientifique “GENOPLANTE” destiné à poursuivre les recherches et expérimentations dans le domaine de la transgénèse. Le siège social de Génoplante est situé au cœur du site du Génopole à Evry (Essonne).
Voici la conclusion de l’article de Jean-Loup Motchane, « Génoplante ou la privatisation des laboratoires publics », publié en septembre 1999 dans Le Monde diplomatique : « Sans doute la fabrication d’OGM ne fait-elle pas, du moins officiellement, partie des objectifs de Génoplante. Mais rien n’interdira aux partenaires privés de fabriquer des plantes transgéniques grâce au savoir-faire acquis et aux brevets déposés dans le cadre de ce projet. Quel autre intérêt les industries semencières et agrochimiques auraient-elles à y participer, quand on sait que leur objectif stratégique est justement d’obliger l’agriculteur à acheter des espèces protégées par des brevets, et en particulier des OGM ? On comprend aisément l’extrême prudence verbale des promoteurs de Génoplante, et en particulier – pour une fois – de M. Claude Allègre, car ils savent l’opinion très hostile aux organismes génétiquement modifiés. »
1er Mars 1999 : publication de l’article « Main basse sur les produits bio : derrière une quête, des mensonges et des profits » dans Le Monde diplomatique de mars 1999. On y lit :
« [...] À l’évidence, Novartis a trouvé en Soy une clé qui lui ouvre les portes du marché de la bio et lui permet de capter plus ou moins directement dans sa sphère d’influence les producteurs de soja du Sud-Ouest qui cultivent aussi des céréales, et d’autres fournisseurs bio de Soy (Markal, Celnat, Hervé, Lima, Petite, Viver, etc.), les distributeurs (Biocoop, Distriborg, etc.) et les consommateurs. [...] »
12 mars 1999 : sur la nouvelle fiche Fournisseur pour “Nutrition et Soja” (Soy) du Service Produits Biocoop - Agr06, il est indiqué que Nutrition et Soja est une « SA qui appartient au groupe Nutrition et Santé, filiale du groupe Novartis (fusion avec Sandoz) » et qui s’approvisionne en soja non bio pour 20 % et en soja bio pour 80 % (dont 70 % auprès de la coop du sud-ouest Salvagnac, 20 % auprès de AGP [Agut, Gröber, Pizzighella], 10 % auprès d’autres producteurs du sud-ouest et si besoin à l’étranger) ; que la priorité est donc donnée pour l’approvisionnement en soja aux producteurs du sud-ouest.
On lit encore sur cette fiche qu’« une recherche est effectuée pour la mise en place d’une filière pour les approvisionnements en légumes, travail en cours avec Aquibio (groupement du Sud-Ouest qui organise la mise en place et la préparation des légumes ; ce groupement fonctionne déjà en partenariat avec Danival), sur oignons, échalottes. [...] » et que parmi les autres fournisseurs de Nutrition et Soja (Soy) figurent Markal, Celnat, Boyère, Hervé, Prov’herbe, Petite, Capribio, Euronoix, Champignonière, Viver, Richail, Herbier du Diois, Richard de Nyons.
De plus, dans l’encadré “Communication Agrément”, il est écrit que « Soy travaille en partenariat constructif avec les coopératives de producteurs du Sud-Ouest (prix, recherche, qualité, développement de la culture du soja). Il s’agit donc du soutien à l’ensemble d’une filière pour la culture de légumineuses, ces légumineuses qui sont si précieuses dans la mise en place de rotations équilibrées et durables dans les systèmes en biologie. »
Un peu plus haut, on peut aussi lire que « face aux risques de contamination et de mélange avec du soja génétiquement modifié, Nutrition et Santé a mis en place en 1998 une démarche qui vise à limiter au maximum ces risques : soja bio uniquement français, obligation pour les producteurs d’utiliser de la semence certifiée non génétiquement modifiée, contrôle à la ferme de l’origine de ces semences (Ecocert), mise en place d’une filière d’approvisionnement régionale en semence et enfin mise en place d’une traçabilité totale des lots de soja du champ jusqu’à la transformation. »
À noter également que l’agrément Biocoop est accordé sur certains critères, entre autres l’« indépendance relative de l’entreprise par rapport à des groupes financiers et industriels ».
Dans le n° d’avril 1999 de Biocontact, dans l’article intitulé, « Le choix de Biocoop » Hugues Toussaint du réseau Biocoop répond à son interlocuteur :
« Nous avions informé les consommateurs, dès le référencement de Soy en 94, de son appartenance à Sandoz, la fiche fournisseur éditée à cette époque le confirme. Pour Novartis, l’information n’a été transmise qu’en octobre 1998. [...]
Que Soy perde ou non de l’argent n’a aucune espèce d’importance pour Novartis, dont il m’arrive de penser qu’elle ignore que cette entreprise lui appartient. [...] »
L’édito de ce même numéro d’avril 1999 de Biocontact, « Tempête sur le soja bio » se termine par ce paragraphe :
« La question est : faut-il condamner Soy pour sa filiation contre nature ou au contraire en faire abstraction et se souvenir que cette société a véritablement tenu à bout de bras le soja bio français en lui offrant son principal débouché ? Faut-il raisonner en idéologue ou en pragmatique ? Lire nos interviews de Soy et Biocoop. »
25 mars 1999 : diffusion par l’entreprise Nutrition & Soja du document « Nutrition & Soja : mise au point » .
On y lit : « [...] nous avons décidé de tout mettre en œuvre pour pouvoir garantir dans la durée une production régionale de soja sans OGM. Ce travail, réalisé grâce à une collaboration très forte avec nos producteurs de soja [du sud-ouest] a abouti dès cette année à la mise en place de la première filière de production de soja non OGM en Europe, en cours de certification par un organisme contrôleur indépendant, ECOCERT. [...] »
Avril 1999 : distribution du texte « Article du Monde Diplomatique : réponses courtes à questions courtes » par le réseau Biocoop à ses biocoops :
A la première question, « Étions-nous informé de l’appartenance de Soy au groupe Novartis ? » Biocoop répond :
« Lorsque le dossier Soy a été étudié à l’agrément, l’entreprise Soy était filiale de Nutrition et Santé qui venait d’être racheté par le groupe Sandoz.
Cette appartenance a soulevé beaucoup d’interrogations. Mais les producteurs de soja de la coopérative bio de Midi Pyrénées ont fait valoir l’excellent travail de collaboration qui existait entre eux et le responsable de Soy : Bernard Storup. Finalement la décision des commissions de référencement Biocoop a été d’agréer l’entreprise Soy pour la garantie d’avoir exclusivement du soja Français, sous réserve de la continuité de la collaboration avec la Coop Midi Pyrénées et de la présence de Bernard Storup.
Après la fusion de Sandoz avec Ciba-Geigi pour former le groupe Novartis, et après que les premières informations circulent sur les OGM, la question de l’agrément a été de nouveau abordée lors du Conseil Confédéral d’Octobre 98.
Après de longues discussions la proposition de supprimer l’agrément a été refusée, afin de poursuivre le soutien de Biocoop à la coopérative Midi Pyrénées mais aussi pour appuyer la nouvelle démarche de traçabilité de cette filière pour garantir du soja sans OGM.
Ces informations ont été fournies en temps réel dans tout le réseau Biocoop au travers de la fiche agrément Soy et dans le compte rendu du conseil confédéral (cf. compte rendu page 6) »
A la quatrième question « Qui est la Coopérative Agro Bio Midi Pyrénées (Salvagnac) ? » Biocoop répond :
« 150 producteurs bio du sud ouest de la France
30 % du chiffre d’affaires réalisé avec le soja pour moitié à Soy, [...] »
Avril-mai 1999 : dans un article « Biocoop : donner du sens à ses achats » publié dans Consom’action, Hugues Toussaint écrit :
« “Soy, une entreprise partenaire de Biocoop” : parmi les fabricants de produits à base de soja biologique, Biocoop a référencé, entre autres, la société Soy, par décision collective de ses adhérents et dans une totale transparence, preuve en étant l’ensemble des documents déjà diffusés sur ce sujet.
Soy est la seule entreprise en France à disposer de l’outil industriel nécessaire à la fabrication de tous les produits demandés par les consommateurs. Elle est la seule, de taille nationale, à mener une politique de développement d’une filière soja française en partenariat avec les producteurs du Sud-Ouest et principalement la coopérative de Salvagnac (La coop Midi-Pyrénées de Salvagnac regroupe 150 producteur bio du Sud-Ouest) ».
Mai-juin 1999 : M. Jean-Claude Beirieu, Président de Nature & Progrès, écrit dans l’Éditorial du numéro de mai-juin 1999 de la revue Nature et Progrès :
« [...] Je ne pensais pas que cela irait aussi vite, LeMonde diplomatique du mois de mars 1999 consacre une page à la récupération de la filière bio par l’agrochimie et le leader du transgénique : Novartis. [...] Les Biocoop qui continuent à référencer le soja de Soy, la filiale de Novartis montrent clairement que l’économique passe aujourd’hui légèrement avant l’éthique. [...] »
Dans ce même numéro de Nature et Progrès paraît un texte « Bio-mensonges ou bio-désinformation ? » qui donne la parole à Hugues Toussaint de Biocoop pour justifier la collaboration avec Soy.
Au Salon Marjolaine organisé par Nature & Progrès et tenu à Paris en novembre 1999, Soy avait un stand.
Au salon Marjolaine, en novembre 2000, parmi la liste des exposants figurait Soy-Nutrition & Soja.
Printemps 1999 : l’éditorial « Compromis ou compromission » du numéro 25 de la revue Biodynamis, publié au printemps 1999 par le Mouvement de Culture Bio-Dynamique,donne son avis sur l’article du Monde diplomatique de mars 1999 :
« [...] Sans entrer dans les détails de la polémique, il apparaît tout de même que si, accepter la compromission d’un rachat par une firme aussi contestable dans ses orientations que Novartis ressemble fort à se jeter dans la gueule du loup, vu sous l’angle du responsable d’une entreprise en difficultés (ou de ses salariés ou des agriculteurs qui y écoulent leur récolte), on peut se demander s’il vaut mieux fermer boutique ou accepter des fonds tant qu’ils n’engagent pas l’indépendance de l’entreprise ? [...] »
27 mai 1999 : « Sojasun [société Triballat] ose la garantie sans OGM ». C’est le titre d’un article publié dans le n° 2689 de L’Usine Nouvelle le 27 mai 1999.
Dans ce but, on apprend que « cinq grands fournisseurs ont été retenus, dans trois grandes zones de collecte, pour parer aux caprices de la météo. Les principaux, dont le Groupe Occitan, la Coopérative Midi-Pyrénées ou Extrusel, assurent chacun quelque 500 tonnes, pour un besoin total de 4 500 tonnes par an. »
Juin 1999 : dans une “brève” publiée en juin 1999 dans le n° 40 de la revue Du sol à la table et intitulée « Soy, Novartis, Biocoop », son auteur conclue :
« [...] Expression même de la volonté et des exigences des consommateurs, modèle de transparence, on ne comprendrait pas que le réseau Biocoop modifie sa position à partir du moment où il s’est bien assuré du respect des garanties bio et notamment de la traçabilité des approvisionnements de son fournisseur — sauf à satisfaire une pulsion idéologique. »
Juste au-dessous de cette brève étaient indiquées « les nouvelles coordonnées de la Coop Agri Bio Midi-Pyrénées - Aquitaine » de Salvagnac.
1er juillet 1999 : dans une lettre de la SARL JPS LAIT (produits Biochamps) du 1er juillet 1999, on note le renseignement suivant concernant la société :
« Nous faisons partie de l’association qui met en place la filière du soja biologique en Midi-Pyrénées. Elle est aujourd’hui opérationnelle et c’est elle qui organise les cultures, le choix des semences, la traçabilité et le contrôle des OGM. Pour plus de précisions, il conviendrait [de contacter] Nutrition et Soja, l’association Soja ou Ecocert qui supervise cette traçabilité. »
3 juillet 1999 : « Le 3 juillet 1999, une centaine de paysans de l’Aveyron, du Tarn, du Lot, du Cantal et de la Lozère et divers individus ont envahi à Druelle un centre de recherche de la RAGT (Rouergue-Auvergne-Gévaudan-Tarnais), société semencière située près de Rodez en Aveyron. Une parcelle de maïs transgénique (Monsanto) localisée grâce à la diligence de Daniel Segonds, directeur de la branche semence de la RAGT ainsi que Claude Grand, directeur scientifique accourus sur le site, fut détruite... [...] Une liste des participants fut remise aux gendarmes présents sur le site et la RAGT porta plainte. »
Source : document anonyme de l’ACNM (Association Contre le Nucléaire et son Monde), intitulé « De l’agitation autour des OGM et de quelques réactions qu’elle a suscitées en France – Chronologie (1997-1999) »
Septembre 1999 : création d’AgriBio Union, filiale du Groupe Coopératif Occitan, d’Euralis Union et de la Coop Agri Bio de Salvagnac.
Agri Bio Union assure la collecte, le triage, la commercialisation des produits des agriculteurs de la filière céréales-oléoprotéagineux ainsi que l’approvisionnement en semences, engrais organiques de ces derniers.
Le Président d’AgriBio Union est M. Paul Baradat, le directeur se nomme M. Salvador Ferret.
Sur le site http://www.agritarn.com/agribio/htm en mars 2003 comme en octobre 2004, on peut lire le témoignage de M. Salvador Ferret :
« [...] Une autre de nos priorités au niveau commercial est de susciter ou de participer à des filières régionales. A titre d’exemple, citons deux de nos clients : “Nutrition et Soja”, filiale de “Nutrition et Santé” dans le Tarn et “Gers Farine” qui travaille avec “Carrefour” depuis 1997. [...] »
Gamme des produits proposés par AgriBio Union :
• Alimentation animale (triticale, blé fourrager, orge, maïs, tournesol, soja, féverole, lupin, pois)
• Alimentation humaine (blé tendre panifiable bio, blé dur bio, pois chiches/lentilles bio)
L’ensemble des opérations de contrôle et de certification de l’arrivée au point de collecte jusqu’à la livraison au client est assuré par un seul et même organisme : Qualité France.
En mars 2003, AgriBio Union compte environ 800 producteurs adhérents, dont 320 pour la Coop Agri Bio de Salvagnac et une vingtaine de salariés. La progression de l’activité est de 20 % par an. L’objectif de l’Union pour 2005 est le suivant : tripler les quantités collectées, doubler le Chiffre d’Affaires, développer la production pour l’alimentation animale.
(Sources : le site http://www.agritarn.com/agribio/htm en mars 2003 et le n° 56 d’avril 2002 de la revue Du sol à la table)
24 septembre 1999 : « L’agriculture “bio” regroupe ses forces : trois coopératives, Pau Euralis, le groupe coopératif occitan (GCO) et Agri-Bio, s’unissent pour créer Agri-Bio Union » Tel est le titre de l’article paru dans l’Edition Web du 24 septembre 1999 de La Tribune.
L’article indique que le développement de l’agriculture biologique, qui avançait jusqu’à présent à pas comptés – 0,9 % de la surface agricole utilisée en Midi-Pyrénées –, prend un nouveau tournant avec la création de Agri-Bio Union, spécialisée dans la production de céréales, d’oléoprotéagineux et de légumes secs issus de l’agriculture biologique. Cette société a pour actionnaires principaux Pau Euralis implanté à Pau (Pyrénées Atlantiques), le groupe coopératif occitan [GCO] situé à Castelnaurady (Aude) et la coopérative Agri-Bio établie à Salvagnac (Tarn). Première coopérative régionale spécialisée dans les productions biologiques, Agri-Bio Union réunit 250 adhérents autour de la production de blé dur, soja, maïs, tournesol.
Selon l’article de La Tribune toujours, l’arrivée de partenaires tels que Pau Euralis et GCO sur le terrain du bio garantit à ce type d’agriculture des moyens de financements qui lui faisaient jusqu’à présent défaut.
Autre article sur ce sujet, celui du magazine Circuits Culture (date exacte de parution non connue), intitulé « Nous n’avons pas vendu notre âme », où l’on apprend que dans le Sud-Ouest, Coop Agri-Bio, spécialiste des céréales biologiques depuis 12 ans, s’est associée à deux coopératives conventionnelles, Groupe coopératif occitan et Pau-Euralis, pour créer Agri-Bio Union.
Lorsque le journaliste de Circuits culture interroge M. Salvador Ferret, président de la Coop Agri-Bio : « Avez-vous “vendu votre âme” en vous associant à des coopératives d’agriculture conventionnelle ? », Salvador Ferret répond : « Nous n’avons pas l’impression de nous être vendus. Les agriculteurs, biologiques ou conventionnels, font le même métier. La finalité est la même : produire la nourriture de nos concitoyens en améliorant la qualité. »
Octobre 1999 : sous le contrôle d’ECOCERT, première certification officielle en Europe d’une filière de production de soja bio garanti issu de semences non génétiquement modifiées.
(Source : page de publicité pour Soy publiée en février 2000 dans Biocontact)
Dans l’Édito de Soy infos de l’automne 1999 publié par Nutrition et Soja, on lit dans les premières lignes que « pour la première fois en Europe, une filière de soja biologique est certifiée non OGM », que « Soy se trouve à l’origine de la création de cette filière, il y a trois ans », que les producteurs de soja du Sud-Ouest, avec lesquels travaille Soy depuis près de 20 ans, et Soy sont à l’origine de cette « vraie filière non OGM » certifiée par Ecocert.
15 février 2000 : dans une lettre du 15 février 2000 de Nutrition et Soja, le gérant de Nutrition et Soja, M. Bernard Storup donnait le nom des variétés de semences de soja utilisées par les agriculteurs :
« Les variétés que nous utilisons sont principalement : IMARI, PAOKI, NANKI, MIXER, DEKABIG,... »
Une recherche sur Internet à la même époque montrait que les variétés “IMARI” et “PAOKI” étaient des semences développées et commercialisées par Asgrow, alors filiale de Monsanto, tandis que “DEKABIG” était une variété commercialisée par la société RAGT, devenue depuis actionnaire de Biogemma.
Selon un courrier de la SARL JPS Lait (produits Biochamps) du 14 avril 2000 et les feuillets “Renseignements de l’Association Soja” qui y étaient joints, « Jusqu’au début 1998, nous pouvions avoir des certificats des semenciers garantissant que les lots livrés étaient issus de semences non génétiquement modifiées. À partir de cette date, il a été de plus en plus difficile d’obtenir ces garanties, sachant qu’une partie des semences livrées étaient multipliées aux États-Unis. Devant ce manque de garantie, il a donc été décidé au sein de l’Association de n’utiliser que des semences régionales, si possible cultivées par les membres de l’Association. Ceci est maintenant effectif depuis les semis du printemps 1999 et nous permet de ne plus être approvisionnés en semences certifiées par des sociétés telles Asgrow qui a été dans le passé le principal fournisseur de semences certifiées. [...] »
8 mars 2000 : dans une lettre en date du 8 mars 2000 de M. Bernard Storup, gérant de Nutrition et Soja (Soy), concernant les approvisionnements en soja de Nutrition et Soja, on apprend que « les semenciers dits “multiplicateurs” peuvent être des coopératives régionales, ce qui est le cas de la plupart des fournisseurs de semences utilisées par les organismes stockeurs avec qui nous travaillons (Groupe Coopératif Occitan, RAGT, Terres du Sud, ...). »
Mars 2000 : La Confédération paysanne de l’Aude adresse en mars 2000 au président du Groupe Coopératif Occitan (GCO), Monsieur J.-F. Gleizes, une lettre ouverte, publiée le vendredi 24 mars 2000 dans le quotidien, La Dépêche du Midi (édition électronique), où elle rappelle qu’en août 1998, le GCO avait invité, à l’occasion d’une journée technique du GCO, à « visiter en autobus des parcelles expérimentales » de variétés de maïs OGM et non OGM dans le Tarn-et-Garonne.
Dans cette même lettre ouverte, elle dénonce le « double langage » du GCO qui, en novembre 1999, a proposé qu’« on prime dans les CTE du Lauragais la filière soja non transgénique pour laquelle [le GCO] avait un marché à 30 % plus cher que le soja conventionnel, et qui refusait « un engagement non transgénique (ni maïs ni soja) pour les candidats aux contrats territoriaux d’exploitation (CTE).
Monsieur Jean-Baptiste Tardieu, représentant de la Confédération paysanne de l’Ouest audois terminait en demandant des explications au président du GCO :
« Depuis, nous avons appris par des représentants du GCO que vous réenvisagiez de produire du maïs génétiquement modifié pour satisfaire un contrat avec l’industrie pharmaceutique [...] Par cette lettre ouverte, la Confédération paysanne de l’Aude vous demande d’éclaircir votre position. »
Le mardi 28 mars 2000, toujours dans La Dépêche du Midi (article intitulé : « J. F. Gleizes : “Je n’ai pas de double langage” »), M. Gleizes du GCO répond à la Conf’ que la campagne 2000, pour le Groupe Coopératif Occitan, exclue toute mise en culture de maïs transgénique et toute distribution de semences de ce type :
« Ne perdez pas votre temps à chercher des parcelles, vous pourriez vous tromper. [...] concernant les biotechnologies, “gardons l’esprit ouvert”. Les OGM de première génération sont un échec parce que mal définis, mal encadrés et mal accompagnés des règles d’éthique et d’information indispensables. [...] Ceux de deuxième génération qui arriveront demain auront fait là d’indéniables progrès. [...] » Il conclue en disant qu’il ne faut pas fermer la porte au savoir en donnant l’exemple de « maïs [qui permettront peut-être demain] de réduire la teneur en phosphates des rejets animaux dans des régions très sensibles comme la Bretagne » ou bien de composants d’origine agricole produits pour l’industrie pharmaceutique afin d’« accompagner ainsi les progrès de la médecine ».
14 avril 2000 : courrier de la SARL JPS Lait daté du 14 avril 2000, où l’on apprend que cette société fabrique des produits bio laitiers ou des produits dérivés bio du soja de la marque Biochamps et qu’elle « ne transforme pas directement le soja en jus de soja, mais achète celui-ci à Soy. C’est avec cette entreprise que nous participons à la mise en place de la filière et Bernard Storup en est aujourd’hui le principal acteur. »
En annexe à ce courrier figurent deux feuilles de « renseignements donnés par l’Association Soja », l’association qui met en place dans le sud-ouest la « vraie filière non OGM » et bio du soja dont Soy fait en cette année 2000 la publicité dans de nombreux médias et dont « Bernard Storup est aujourd’hui le principal acteur » selon les termes mêmes du courrier de JPS Lait.
« Cette Association Soja a été créée en 1995 [1993, selon les propos de B. Storup rapportés dans Biocontact d’avril 1999], son nom exact est “Association Régionale Interprofessionnelle pour l’Amélioration de la Production et pour la Valorisation Alimentaire du Soja.
Elle regroupe des producteurs de soja des départements voisins à travers leurs organismes collecteurs, l’École de Purpan, Nutrition & Soja et JPS Lait.
Les quatre organismes stockeurs sont A.G.P., la Coopérative Agri-Bio Midi-Pyrénées, la SARL d’Espinaouët et le Groupe Coopératif Occitan. [...] »
Selon le n° 24 de Consom’action publié en septembre 2004 par le réseau Biocoop (article intitulé « Soy, Biocoop et les OGM »), « Soy a créé une association avec les agriculteurs et les organismes stockeurs, puis monté un cahier des charges. Toutes les semences sont analysées avant semis [...]. De nouvelles analyses sont faites à la coopérative, et au fur et à mesure que le soja avance dans la filière. »
Septembre 2000 : Ouest-France publie le lundi 18 septembre 2000 un article ayant pour titre : « Les pélerins des maïs réunis : une centaine de personnes au pique-nique sur la parcelle transgénique », dont voici quelques passages :
« A l’appel de la Confédération paysanne et des agriculteurs bio, près de cent personnes ont pique-niqué samedi à quelques kilomètres de Longué non loin de la parcelle de maïs transgénique [exploitée par la firme Biogemma] et détruite une semaine plus tôt par un commando inconnu. Sortis des paniers à provision, les bons produits du terroir symbolisent le refus des Angevins aux organismes génétiquement modifiés. [...]
En se rendant avant-hier sur les lieux, pour ainsi dire en apéritif à leur pique-nique, les militants anti-OGM ont pu constater que ce qui restait du maïs transgénique n’avait été ni arraché ni incinéré, mais recouvert de lisier et broyé par une ensileuse “ce qui va contribuer à disséminer les gènes dans la nature” craint un agriculteur bio du GABB [d’Anjou] [Groupement d’agriculteurs biologiques et biodynamistes d’Anjou].
Toutefois, un responsable de la firme Biogemma affirme que la récolte a été détruite et que de toutes façons elle aurait été impossible après “l’acte de vandalisme”, contre lequel la firme avait porté plainte il y a une semaine. Mais la méfiance des opposants ne désarme pas : “Comme toujours, on veut nous berner. En fait, au nom de la rentabilité, les grandes firmes veulent imposer le transgénique de façon sournoise à la société et aux consommateurs, quitte à aller à la catastrophe.” »
Septembre 2000 : publication du livre de Jean-Marie Pelt, La Terre en héritage aux éditions Fayard.
M. Pelt est professeur de biologie végétale et de pharmacologie à l’université de Metz, et président de l’Institut Européen d’Écologie. On y trouve deux pages (p. 154-156 consacrées au « réseau BIOCOOP ». Il écrit à la page 155 :
« [...] De fait, ces points de vente revendiquent plus qu’une simple vocation commerciale : la dimension éthique et sociale y est toujours présente, tandis que les clients, curieux et informés, passent du stade de consommateurs passifs à celui de “consomm’acteurs”. [...] »
C’est aussi Jean-Marie Pelt qui a rédigé la préface du livre de Pascale Solana, La Bio. De la terre à l’assiette, publié aux éditions Sang de la Terre en novembre 1999. Il y écrit :
« [...] L’ouvrage de Pascale Solana vient de ce point de vue au bon moment. Les liens personnels d’amitié qui m’attachent à l’auteur et à son époux Olivier Mugler, qui fut mon élève à l’Institut Européen d’Écologie de Metz, ajoutent à mon plaisir d’avoir été sollicité pour préfacer cet ouvrage, dont les idées rejoignent les miennes et auxquelles j’adhère entièrement. »
M. Olivier Mugler était alors gérant des Biocoops Canal Bio à Paris.
1999-2001 : développement des filières de production biologique dans le cadre du projet ONIOL.
Sur Internet, dans le rapport d’activité 2001 du CETIOM (Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitains), on trouve un état de la filière biologique oléoprotéagineuse en France :
« [...] Trois cultures dominent dans le secteur des oléoprotéagineux : le tournesol, le soja et la féverole. [...]
L’action du CETIOM depuis 2 ans a surtout consisté à renforcer la filière de production de tournesol biologique, valorisée principalement pour l’huile, par la mise en place de trois microfilières régionales :
• Dans le Sud-Est, autour d’un huilier (Provence régime) et d’un collecteur (Sud-Céréales). [...]
• En Midi-Pyrénées, autour de l’huilerie Bioplanète et AgriBio Union [...]
• En Poitou-Charentes autour de l’huilerie Bioplanète et d’une coopérative (la CORAB), la filière a permis de sécuriser l’alimentation de l’huilerie en tournesol biologique et de mettre en route une production de soja biologique. »
Créé en 1957, le CETIOM est le centre technique de recherche et de développement au service de la filière oléagineuse.
« Sa principale mission est de produire des innovations dans les domaines de la production, de l’amélioration de la qualité des graines, de la valorisation des produits et de la diversification des débouchés. [...]
Une des mission du CETIOM est d’évaluer les innovations proposées aux producteurs. Il mène donc, en partenariat avec la recherche publique, des recherches sur l’impact des OGM pour l’agriculture. »
(Sources : le site Internet de Proléa, la filière française des huiles et protéines végétales et le site du CETIOM à la date du 1er novembre 2004)
Dans un communiqué CETIOM/INRA du 13 avril 2000, « Destruction totale de l’expérimentation colza de Gaudiès », on apprend :
« Une expérimentation scientifique de colza transgénique réalisée à Gaudiès (Ariège) par le CETIOM (Centre Technique des Oléagineux) et l’INRA a été détruite. Elle avait déjà été en partie détériorée il y a quinze jours.
L’objet de cette expérimentation est de vérifier si des ravenelles (plantes sauvages voisines du colza), présentes à proximité d’un champ de colza transgénique résistant à un herbicide, peuvent acquérir ce caractère de résistance en conditions naturelles.
Avec la destruction de cette expérimentation de Gaudiès, le programme de recherche sur l’existence de risques potentiels des plantes transgéniques pour l’environnement est une nouvelle fois retardé.
Rappelons que cette expérimentation était le prolongement scientifique d’études faites par l’INRA en conditions expérimentales depuis plusieurs années sur les croisements entre le colza et les crucifères adventices. [...] »
(Source : site Internet SeedQuest.com)
Selon un communiqué du 8 octobre 2004 de ARVALIS-Institut du végétal, un essai de ARVALIS (6000 m2 d’expérimentation de maïs OGM) a été détruit dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 octobre 2004 par des inconnus près de Dijon. Ce type de dégradation non revendiquée s’était déjà produit en août 2004 sur une autre station, aux portes de Toulouse.
L’institut réalise plusieurs centaines d’essais chaque année, parmi lesquels seulement 3 essais OGM en plein champ en 2004.
Les deux essais détruits sont conduits depuis 9 ans en collaboration avec les services de l’État, l’INRA, le CETIOM et des organisations écologistes dans le cadre du comité de biovigilance mis en place conjointement par les Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Ces essais ont pour but d’étudier les éventuels effets à long terme sur l’environnement de ce type de production, afin d’apporter les réponses demandées dans le cadre du principe de précaution.
Arvalis a décidé de porter plainte contre X pour destruction et détérioration de bien.
(Source : site Internet de l’ICTF, Institut Technique des Céréales et des Fourrages)
En décembre 2002, l’ITCF (Institut Technique des Céréales et Fourrages) a fusionné avec l’AGPM-technique (Association Générale des Producteurs de Maïs) pour donner naissance à ARVALIS-Institut des céréales.
(Source : site Internet www.filieregourmande.fr en octobre 2004)
Mai-juin 2001 : dans le n° 47 d’Alter Agri, revue de l’ITAB, paraît un article qui porte pour titre : « Soja biologique : organisation de la production agricole et des filières de transformation » L’article est signé par C. Bonnemort (CETIOM), S. Ferret (Agro Bio Union) et B. Storup (Nutrition & Soja). Quelques informations peuvent être retenues :
« Le Sud-Ouest (Midi-Pyrénées + Aquitaine) représente, comme en conventionnel, une part importante des surfaces en soja [biologique]. [...] Les coopératives Agri Bio Union et le groupement AGP du Gers collectent 85 % de cette production. [...]
Le soja biologique ou en cours de conversion est utilisé dans deux grands types de filière : la fabrication de filtrat de soja (tonyu) et ses dérivés (principalement le tofu), destinés à l’alimentation humaine, et l’alimentation animale essentiellement sous forme de graines ou de tourteaux extrudés. [...]
La production de soja biologique est fortement contractualisée, notamment dans le Sud Ouest. Les producteurs sont souvent liés, par l’intermédiaire de leur collecteur, aux transformateurs, principalement ceux de la filière alimentation humaine. Ainsi, dans le Sud-Ouest, 157 producteurs ont contractualisé leur production en 2000. [...]
Trois entreprises traitent 3000 à 3300 t de soja biologique : Nutrition et Soja (Soy), Triballat (Sojasun), Tofoulie (marque Tossolya), auxquelles viennent s’ajouter Mehano et Soleil de Lalix pour des volumes très réduits. Ces entreprises s’approvisionnent à 90 % par l’intermédiaire des coopératives d’agriculture biologique, les 10 % restant provenant d’importation [...] »
Mai 2001 : parution du livre Manger bio de M. Lylian Le Goff — médecin, membre de la commission “biotechnologies” de France Nature Environnement (Fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement) —, Flammarion, Collection Dominos.
M. Le Goff écrit à la page 107 : « [...] Pourquoi se scandaliser qu’un producteur de soja bio se retrouve dans un holding génético-industriel, mais à son insu, suite à des rachats de sociétés, et tirer à boulets rouges sur le distributeur de produits irréprochables. [...] »
« Le cas de Soy pose clairement problème. Cette société créée en 1982 a été achetée en 1991 par Sandoz devenu aujourd’hui Novartis, l’un des promoteurs des OGM. En 1999 (n° 246 de Silence) nous avions déjà dénoncé cette solution attentiste des Biocoop qui espèrent toujours que les salariés vont racheter leur société... c’était il y a cinq ans et rien n’a été fait depuis. Si Soy avait été déréférencé, nul doute que les producteurs de soja auraient depuis longtemps su s’organiser autrement. » C’est là le commentaire publié par Silence dans son numéro de novembre 2004.
16 juin 2001 : dans un texte paru dans Sud-Ouest à cette date, on lit que la plus grande coopérative agricole bio d’Europe regroupe aujourd’hui 600 adhérents et a pris racines entre Gers et Tarn, il y a 10 ans.
Selon cet article, Agribio Union regroupe la Coop Agribio Midi-Pyrénées Aquitaine (11 départements dont le Gers), l’Union Pau Euralis (Landes, Pyrénées-Atlantiques, Hautres-pyrénées) et Union Valédoc (Aude, Tarn, Tarn-et-Garonne, Ariège et Haute-Garonne). En juillet prochain, Terres du Sud entrera dans Agribio Union, rejointe en juillet 2002 par Vivadour. Des pourparlers sont également en cours avec Terre de Gascogne et un partenariat existe déjà avec Gers farine.
1er octobre 2001 : dans un communiqué du 1er octobre 2001, il est annoncé que la société semencière privée RAGT Génétique S.A. basée à Rodez va désormais intégrer Biogemma, première entreprise française de biotechnologies végétales, aux côtés des coopératives Limagrain et Pau Euralis et des organismes financiers des filières céréalières et oléoprotéagineuses, Unigrains et Sofiprotéol. Cette entrée, sous forme d’augmentation de capital, viendra renforcer les capacités financières de Biogemma et étendra significativement son champ de recherches, RAGT apportant l’ensemble de ses programmes de biotechnologies sur le maïs, le tournesol et les graminées fourragères ainsi que sur les gazons.
Avril 2002 : parution du n° 56 de la “revue de la filière bio et de la vie saine” Du sol à la table où la page 27 est consacrée pour les trois quarts à « La coopérative Agribio : un exemple de développement ».
C’est l’historique de cette coopérative qui y est présenté avec son évolution vers AgriBio Union « rassemblant dans une synergie orientée bio le Groupe Coopératif Occitan, Euralis Union et la Coopérative Agribio Midi Pyrénées Aquitaine ». Il n’est pas fait mention de Biogemma, ni de Génoplante.
14 juin 2002 : inauguration du nouveau site de collecte et de stockage de céréales bio de l’union de coopératives agricoles Agribio Midi-Pyrénées et Aquitaine. Ce centre de travail du grain bio regroupe les principaux céréaliers du Grand Sud Ouest : l’Union Pau Euralis, l’Union Valéd’Oc, la Coop Terres du Sud et la Coop Agribio.
(Source : page du site d’Agrisalon.com en date du 17 juin 2002, « Un centre de travail du grain bio pour l’Union de coopératives agricoles Agribio Union »)
2003 : sur le site aveyron.com 2003, on trouve des renseignements concernant RAGT (Rouergue-Auvergne-Gévaudan-Tarnais), société fondée au début du siècle par des agriculteurs aveyronnais, et dont le siège social est situé à Rodez dans l’Aveyron.
RAGT distribue des phytosanitaires, des semences, des aliments pour le bétail, des produits de jardinerie-animalerie, etc. Elle recherche, produit et commercialise des semences notamment sur le maïs dont elle est devenue l’un des leaders en France.
On lit aussi que l’une de ses filiales, RAGT Génétique est actionnaire de Biogemma, la société en pointe sur la recherche des OGM.
26 mars 2004 : sur le site de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles du Tarn (FDSEA 81) se trouve un texte daté du 26 mars 2004 « Faire devoir de mémoire et promouvoir les valeurs du monde agricole ».
A une question posée « Quel est l’impact économique de l’implication d’Unigrains dans le département et la région ? », il est répondu :
« Dans le domaine de la collecte et du stockage des céréales et oléolprotéagineux, Unigrains a largement accompagné la structuration des activités et le développement des outils notamment depuis la réforme de la Pac de 1992 : [...] Unigrains est également présent dans la filière Bio auprès d’Agribio Union à Salvagnac. [...] »
On note aussi qu’Unigrains intervient dans l’appui aux entreprises de trois manières : soit par des apports en capital ; soit par des prêts de haut de bilan [...] ; soit par un conseil et un appui stratégique pour une meilleure vision nationale du secteur d’activité concerné. [...] »
Sur le site d’Unigrains, on peut lire en octobre 2004 qu’Unigrains est une « société financière spécialisée créée dans les années 1960 par les céréaliers français, dont l’activité d’investisseur s’exerce spécifiquement dans les entreprises agroalimentaires et agro-industrielles, dans les biotechnologies et les services connexes. »
Toujours sur ce même site, on remarque aussi parmi les « entreprises partenaires d’Unigrains » les noms suivants : Groupe Euralis, Biogemma, Génoplante, Limagrain, RAGT-Semences, Euronat (marque Priméal), Gers Farine.
Rappel : création de la société de recherche en biotechnologies végétales, Biogemma, par les groupes semenciers Limagrain et Pau-Euralis et les sociétés financières Unigrains et Sofiproteol au début de 1997.
15 août 2004 : dépôt de plainte de Biogemma contre les auteurs et les organisateurs de la destruction d’essai au champ OGM à Marsat, dans le Puy-de-Dôme. La coopérative agricole Limagrain s’est associée à la plainte.
Biogemma est aujourd’hui la seule entreprise européenne de recherche en biotechnologies végétales développée et financée par le monde agricole. Elle réunit à la fois des spécialistes de l’amélioration des plantes et des représentants des filières agricoles : les groupes coopératifs Limagrain et Euralis, l’entreprise RAGT et les sociétés Sofiprotéol et Unigrains.
(Source : Informations Presse du 16 août 2004 sur Internet)
7 septembre 2004 : Michel Debrand, Directeur Général de Biogemma, publie dans Le Monde du 7 septembre 2004 (édition Web) l’article « Sauvons les OGM » dont voici un passage :
« Etrange retour de l’histoire : déjà en 1948, la France connaît un débat passionné sur la génétique autour des étranges théories véhiculées par le citoyen soviétique Lyssenko. A l’heure actuelle, combien de néo-Lyssenko et de gourous prêchent le catastrophisme en accusant leurs opposants de suppôts des multinationales ou des lobbies ? Combien de prophètes de malheur donnent le ton en France sur l’écologie et l’environnement, sans que personne prenne soin de vérifier la réalité des arguments qu’ils mettent en avant ? [...] »
30 septembre 2004 : dans Ouest-France du vendredi 1er octobre 2004 est paru l’article « Sept cents personnes dans le Puy-de-Dôme : Première mobilisation pour les essais OGM ». On y lit notamment :
« Agriculteurs et chercheurs ont formé, hier, une chaîne symbolique autour de l’essai mis en place par Biogemma dans la commune du Cendre, dans le Puy-de-Dôme. Cette société est spécialisée en biotechnologies végétales et financée par des semenciers français (Limagrain, Euralis et RAGT) et les filières céréalières (Unigrains, Sofiprotéol). Cette mobilisation [destinée à défendre l’expérimentation de plein champ des cultures OGM sur la commune du Cendre] a été organisée en réponse à la destruction de l’essai de Marsat [Puy-de-Dôme], dans le même département, le 14 août. Quarante agriculteurs et chercheurs avaient alors tenté de s’interposer aux 400 “faucheurs volontaires” [d’une parcelle de maïs transgénique] et l’affrontement avait été violent. »
Septembre 2004 : publication par le réseau Biocoop de l’article « Soy, Biocoop et les OGM » dans le n° 24 de Consom’action
8 octobre 2004 : dans un communiqué intitulé « Destruction d’essais de maïs biologique », la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) annonce :
« Parce qu’un essai de maïs OGM a été réalisé sur le territoire de la commune voisine et que rien ne permet de garantir qu’il n’y a pas eu contamination,
Parce que l’État ne nous protège pas,
Parce que des essais de culture OGM sont effectués en plein champ,
Parce que tant que le dernier grain n’est pas analysé (et donc perdu) nous ne pouvons pas être sûrs que notre maïs n’est pas contaminé, nous allons détruire une parcelle expérimentale de maïs population (non hybride) biologique [le mercredi 13 octobre 2004 à 18 heures précises sur la commune de Pessoulens (Gers)]. »
(Source : site Internet de la FNAB au 1er novembre 2004)
Sur le site Internet de la FNAB, se trouve un second texte de la FNAB concernant la parcelle bio de Pessoulens, dont le titre est : « Essais OGM et bio dans le Gers : les semenciers se contredisent, pas les bio » et dont voici le début :
« Par un communiqué de presse du 15 octobre, le GNIS, la CFS et l’UIPP contestent la bonne foi du GAB [Groupement des Agriculteurs Biologistes] du Gers et celle de la FNAB, quant aux réelles motivations des bio en détruisant un de leurs propres essais de maïs par peur des contaminations OGM, le 13 octobre.
La parcelle de maïs OGM qui pouvait entraîner une contamination de l’essai bio a bien été détruite par des faucheurs anonymes,... mais fin août ou début septembre, soit bien après la floraison des maïs. On peut se demander pourquoi, avant d’utiliser un tel argument, Biogemma expliquait que son essai de maïs OGM ne posait pas de problème puis qu’il avait été castré avant floraison : on ne castre pas un essai déjà détruit ! [...] »
Novembre 2004 : publication du numéro de novembre 2004 de Silence où l’on peut lire ce commentaire :
« Le cas de Soy pose clairement problème. Cette société créée en 1982 a été achetée en 1991 par Sandoz devenu aujourd’hui Novartis, l’un des promoteurs des OGM. En 1999 (n° 246 de Silence) nous avions déjà dénoncé cette solution attentiste des Biocoop qui espèrent toujours que les salariés vont racheter leur société... c’était il y a cinq ans et rien n’a été fait depuis. Si Soy avait été déréférencé, nul doute que les producteurs de soja auraient depuis longtemps su s’organiser autrement. »